mercredi, avril 27

Pourquoi je n'allaite pas...

Lorsque j'étais enceinte de Charlie, mon conjoint a évoqué le désir que j'allaite notre bébé. Je n'avais jamais vraiment pensé à comment j'allais nourrir ma fille... Je n'étais ni pour ni contre l'allaitement ou le biberon. Je n'avais pas vraiment d'opinions ou d'attentes.
 
Avant la naissance de Charlie, j'ai donc acheté des articles reliés à l'allaitement : coussin d'allaitement, quelques vêtements, etc. J'avais acheté des biberons au cas où, mais très peu.
 
Durant ma grossesse, j'ai fait partie des chanceuses qui ont doublé (et presque triplé) leurs bonnets de soutien-gorge. Selon les infirmières, c'était bon signe pour la production de lait.
 
Lorsque Charlie est venue au monde, je n'ai eu aucune difficulté à extraire manuellement le colostrum. Je dis "extraire", car Charlie ne prenait pas le sein. Je me disais "Pas de panique! Elle va sûrement pogner la twist." Je devais donc extraire le colostrum manuellement et le récolter avec une cuillère et un petit gobelet puis le donner à Charlie avec une seringue.
 
Ce que je craignais (dans mon fort intérieur) arriva : lorsque nous sommes sortis de l'hôpital avec Charlie, elle ne prenait toujours pas le sein. Nous trouvions qu'elle ne buvait pas beaucoup, mais lorsqu'on demandait aux infirmières à l'hôpital si elle mangeait suffisamment, on nous répondait que chaque bébé avait un appétit différent (pas très aidant!). Donc, à la maison, nous devions la nourrir à la seringue, car malgré mes multiples essais de la mettre au sein, elle ne voulait rien savoir de téter.
 
Peu à peu, nous avons remarqué qu'elle remplissait de moins en moins ses couches. Nous avons même remarqué des cristaux orangés dans sa couche (signes de déshydratation!!!). Le lendemain matin, lorsque l'infirmière est venue nous rendre visite, Charlie avait perdu plus de 10% de son poids à la naissance (je capotais!).
 
Après avoir vérifié mes techniques d'allaitement, l'infirmière ne comprenait pas pourquoi Charlie ne prenait pas le sein. Il a donc fallu la nourrir avec du lait commercial. Elle était affamée! Donc, à chaque boire, j'essayais de lui donner le sein (en vain) et ça finissait avec la bouteille. Lorsque l'infirmière est partie de la maison, je suis allée acheter un tire-lait, je me suis dit qu'au moins elle boirait mon lait. De plus, j'avais ma montée de lait et il fallait que je me soulage. Je lui ai donc donné du lait maternel et commercial. Je suis chanceuse, car Charlie digérait très bien les deux.
 
À la deuxième rencontre, cette fois-ci au CSSS (CLSC), l'infirmière m'a proposé d'acheter une téterelle. Pour celles qui ne savent pas ce qu'est une téterelle, c'est une prothèse de silicone que l'on met sur le mamelon pour faciliter la prise du sein.
Heureusement, ça a fonctionné. Alors, à partir de ce moment, j'ai pu allaiter Charlie. Une fois de temps en temps, j'essayais de lui donner le sein sans téterelle, mais elle ne le prenait toujours pas. Au bout de quelques jours, j'ai commencé à avoir très mal aux mamelons. Je passais mon temps à me les crémer, mais ils n'avaient pas vraiment le temps de guérir entre les boires. Après deux semaines de persévérance, j'ai commencé à sauter des boires et à lui donner des biberons de lait maternel que je tirais de temps à autre. Après trois semaines, mes mamelons souffraient, je tirais de moins en moins de lait (juste 1 oz ou 2 à la fin) et Charlie était toujours affamée même après une heure au sein. J'ai donc décidé d'abandonner l'allaitement pour donner du lait commercial exclusivement à Charlie.
 
Il était temps que j'abandonne pour plusieurs raisons : entre autres mes douleurs aux mamelons et mon humeur exécrable. C'était même rendu que Charlie jouait avec la téterelle au lieu de boire. Elle l'arrachait constamment (et elle ne prenait toujours pas le sein!). Heureusement, elle n'a pas eu de problèmes de digestion. Le seul désavantage : l'odeur de ses selles (excusez le détail).
 
En ce qui me concerne, mes seins ne se sont pas vraiment engorgés de lait. Un peu de lait sortait de temps à autre durant les premiers jours puis après plus rien. Pas plus compliqué que cela!
 
Aujourd'hui, je ne regrette aucunement ma décision de ne plus allaiter. Mon conjoint peut la faire boire, on peut la faire garder et les boires sont beaucoup moins longs. De plus, entre vous et moi, je n'étais pas à l'aise de partager mes seins avec ma fille et mon conjoint (je sais c'est ridicule!).
 
Pour terminer, je tiens à vous mentionner que je n'écris pas cet article pour convaincre quiconque des bienfaits du biberon, mais seulement pour partager l'expérience que j'ai vécue. Je suis tout de même fière d'avoir persévéré durant ces trois semaines afin de lui donner ce qu'il y a de meilleur pour elle, mon lait maternel.
 

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